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Primeur | 13 Juin, 2007 15:07
Madagascar – Sexualité
Des recherches montrent que les Malgacehs aiment le sexe
Les Septièmes Journées Scientifiques du réseau démographie de l'AUF se dérouleront du 19 au 22 juin 2007, à Québec. Elles ont pour thème « Mémoires et démographies » et ces journées s'orienteront autour de 10 thématiques: l'entrée en vie adulte, la fécondité, les transitions démographiques, les migrations et les enjeux identitaires, les aspects méthodologiques et la collecte, les recensements en Afrique, la santé des populations, etc.). Parmi les communications qui vont être présentées, deux concerneront Madagascar. La première s'intitule L’interaction population-foncier à travers le peuplement d'un village des Hautes Terres de Madagascar, par Mustapha Omrane (Université Paris V). La seconde, présentée par Clotilde Binet (Université Paris X) et Bénédicte Gastineau (IRD – LPED) pose la question des sources littéraires du 17e au 19e siècle comme sources d'informations pour l'étude des comportements reproductifs à Madagascar en période préstatistique.
Ci-après un extrait de la communication qui sera présentée à Québec et qui montre également que les Malgaches aiment le sexe
La sexualité : un sujet récurrent
L’un des sujets récurrents dans les chapitres consacrés aux « moeurs » des populations malgaches dans les récits des voyageurs du 17ème au 20ème siècles est la précocité des relations sexuelles et la grande liberté sexuelle des hommes et des femmes. La liberté sexuelle « a toujours fait l’étonnement de tous les voyageurs » (Chevalier, 1852). Les auteurs – dès Flacourt (1658) – décrivent notamment la sexualité prémaritale avec des interprétations diverses. Flacourt (1658) y voit une forme de prostitution :
« Autant que d’être mariée, elles feioüent tant qu’elles veullent , & fe proftituent à tous venans pourueu qu’ils payent, & fi un homme a manqué à les payer elles vont effrontement luy ofter fa pagne fans qu’il ofe fe deffendre : mais il tafche auffi-toft d’appaifer celle qui luy demande le payement, de peur de receuoir affront ; A infi c’eft la couftume de ce païs, que la simple fornication, entre eux qui ne font pas mariez, n’eft pointpeché enuers Dieu ny enuers hommes. »
D'autres, parmi lesquels Lacaille (1848), présentent cette liberté sexuelle des hommes et des femmes et surtout celles des adolescents comme une nécessité naturelle de ces peuples encore « à l’état de nature » : « Quant aux moeurs, il faut dire que ces peuples vivent complètement à l’état de nature, usant avec insouciance de tout ce qu’elle a mis à leur disposition. La chasteté des filles y est inconnue, sauf chez quelques filles de chefs qui font exception à cette règle. Dès qu’elles sont nubiles, elles usent amplement de leurs faveurs en les prodiguant au premier venu, surtout aux blancs ; elles vivent dans cet état de liberté jusqu’à ce qu’elles se marient, c’est-à-dire s’engagent à vivre avec l’homme qui leur convient. » .
La question est alors pour les voyageurs, notamment les missionnaires, de savoir si la religion et la morale peuvent changer ces comportements. Le Docteur Lacaze (1881) raconte une « expérience » tentée par les Pères et destinée à vérifier si cet « état de nature » peut être ou non modifié :
« L’organisation physique de ces peuples permet-elle la vie régulière et morale qu’on peut établir dans d’autres régions ? La question ne peut résoudre par le raisonnement et les appréciations seules de la morale. Les Pères, dans le but de prendre le Malgache avant qu’il ait usé des principes de la vie de son pays, ont établi à la Réunion une maison d’éducation où ils reçoivent des enfants malgaches des deux sexes. Cet établissement appelé la Ressource, est situé dans une région élevée, bien aérée et en contient un certain nombre depuis plusieurs années. Ces malgaches arrivent à l’âge de huit ans, dix ans. Quand ils ont atteint l’âge de vingt ans ou à peu près, on les retourne dans leur pays après leur avoir donné l’instruction religieuse et un métier – Eh bien, on remarque que ces enfants supportent difficilement cette vie régulière. La femme, nubile à 12 ans, meurt souvent phtisique si, à cette âge, on la tient enfermée et si on ne
lui permet pas les rapports sexuels. »
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